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27/10/2013

LA FAIM DE L'OGRE SUITE

Sur le blog de Patrice Favaro toujours :

 

Extrait de la postface à La faim de l'ogre à paraître courant novembre aux éditions Vents d'Ailleurs.

 

Depuis des siècles, les jatakas se donnent partout à voir en Asie. Frises sculptées au cœur d’une grotte en Inde, reliefs en terre cuite entourant une pagode birmane à Pagan, dalles gravées dans les sombres couloirs du Wat Si Chum en Thaïlande, céramiques sur les murs d’un temple lao, peintures murales au Sri Lanka… Nous avons eu mille fois l’occasion de feuilleter ce formidable livre d’images au cours de nos voyages sur ce continent.

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Les jatakas constituent une « corbeille » de contes parmi les plus fameux d’Asie. Composé sur une période couvrant trois siècles avant et après J.-C., ce recueil de la tradition bouddhiste compte environ 550 récits. Ces histoires sont des enseignements, philosophiques et éthiques, qui s’appuient sur des contes et des allégories mettant en scène le Bouddha avant qu’il ne devienne précisément un bouddha, un être éveillé. En sanscrit et pali, langues dans lesquelles les jatakas ont été transcrits, ce terme signifie naissance. Au cours de ses multiples vies, le futur Bouddha revêt de nombreuses apparences. Il peut être singe, lion, éléphant, cerf ; tout autant qu’homme : marchand, artisan, roi, prince ou mendiant.

 

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Thaïlande, 2010. Le temple est peu visité, à l’écart de la ville de Chang Mai ; à l’intérieur, des peintures de style Lan Na recouvrent entièrement ses hauts murs. Des jatakas y sont représentés mais en une seule image qui contient à chaque fois l’intégralité du récit. Toute l’histoire mise dans un unique tableau, une même illustration ! C’est pour nous une révélation : les différents épisodes sont entièrement figurés mais ils s’articulent suivant une logique que le visiteur est invité à découvrir comme dans un jeu. La seconde révélation réside, elle, dans la foule de détails, d’histoires secondaires, de scènes de la vie quotidienne qui constituent la toile de fond, le décor du récit principal. Les artistes qui ont réalisé ces peintures murales, comme ceux qui ont effectué sur celles-ci au fil des siècles de nombreux repeints, ont représenté ce qui leur était familier à l’époque où ils vivaient, souvent avec humour et clins d’œil.

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toutes photos copyright P.Favaro

Nous avons eu envie de jouer de cette même manière avec le lecteur en adaptant un de ces jatakas dont l’existence est encore trop peu connue hors d’Asie. Celui que nous avons choisi, Telapatta-Jataka, repose sur une réflexion qui nous semble plus actuelle que jamais. Il nous permet également de porter un certain regard sur la Thaïlande d’aujourd’hui.
Ainsi, nous prenons place à notre tour dans la longue file des diseurs et des montreurs de jatakas… ces histoires qui se jouent du temps comme des frontières.

 

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images inédites du carnet de voyage en Thaïlande de F.Malaval


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